Le commerce équitable : un bon exemple pour les négociations de Rio +20

Le premier ‘draft zero’ de Rio +20 indique d’emblée que si nous voulons que le développement durable devienne une réalité, nous devons nous efforcer à modifier les modes de production et de consommation classiques. C’est l’objectif, mais c’est aussi une condition essentielle à la mise en œuvre du développement durable. Dès lors, tous les pays doivent promouvoir cet objectif. Certes les pays développés peuvent, dans un premier temps, prendre l’initiative mais ce sont finalement tous les pays qui en tireront avantage.
La popularité croissante dont bénéficie le commerce équitable ces dernières années montre que les gens sont ouverts à l’idée d’une consommation plus durable du point de vue économique, écologique et social. Et cela démontre aussi qu’un autre modèle économique est possible. Le Fairtrade offre en effet aux producteurs un accès à des marchés qui reconnaissent et apprécient leurs efforts d’amélioration écologique et sociale de leur fonctionnement et qui, par ailleurs, les considèrent aussi comme partenaires commerciaux sur un pied d’égalité.
Rio + 20 offre une opportunité unique de modifier les modèles actuels de production et de consommation.
1. Sur le plan de la production durable
Les producteurs sont toujours mis sous pression pour fournir des biens et services à des prix toujours plus bas. Il est pourtant évident que les méthodes de production écologiquement et socialement saines ne pourront être efficaces que si elles sont aussi viables au point de vue économique.
C’est pourquoi nous demandons aux gouvernements :
- de favoriser l’établissement d’un système alimentaire durable par le paiement de prix équitables et en soutenant les petits producteurs qui s’efforcent à améliorer eux-mêmes leur situation ;
- d’encourager l’accès des petits producteurs au commerce conformément aux conditions Fairtrade ;
- de veiller, par le biais de mécanismes financiers adéquats, à créer un environnement qui offre aux producteurs Fairtrade la possibilité de répondre aux attentes du marché durable - ce qui revient à financer les adaptations requises par le dérèglement climatique.
2. Sur le plan de la consommation durable
Dans le contexte d’une économie verte, c’est d’abord la minimalisation de l’impact environnemental qui s’impose à l’agenda de la consommation durable. Mais cet impact ne prend absolument pas en compte la possibilité de maximaliser l’impact social et économique de nos achats.
Nous demandons aux gouvernements :
- de reconnaître qu’une consommation durable doit non seulement tenir compte de l’impact environnemental des décisions d’achat mais aussi de leur impact social et économique ;
- de mener une politique d’achat nationale et locale intégrant l’achat de produits équitables ;
- d’encourager le soutien réciproque entre commerce et développement durable en créant des incitants positifs en faveur des produits Fairtrade ou conformes à des normes déterminées en matière écologique sociale et humaine.
3. Le secteur privé
Dans le domaine du développement durable, le secteur privé manifeste toujours davantage la volonté d’obtenir des résultats durables. Plusieurs entreprises appuient déjà actuellement cette démarche avec de belles initiatives telles que le choix en faveur du commerce équitable.
Nous demandons aux gouvernements de soutenir davantage encore :
- Le rôle joué par le secteur privé dans le développement à condition que ce secteur contribue au développement humain des populations dans les lieux où il intervient. Nous appelons plus particulièrement les gouvernements à donner la priorité à cet égard aux partenariats avec de petits producteurs et autres acteurs ;
- les systèmes de certification fiables, transparents et gérés par les diverses parties prenantes, tel le Fairtrade. Ces systèmes peuvent obtenir des résultats durables mais il faut aussi pour cela qu’ils bénéficient d’une politique internationale encourageant les partenariats entre tous les acteurs. Et cela vaut non seulement pour les gouvernements nationaux mais aussi pour tous les acteurs impliqués dans la chaîne d’approvisionnement mondial : les autorités locales, les consommateurs et le secteur privé.
Nous appelons les gouvernements à déléguer leur chef d’Etat ou de gouvernement à Rio +20 et à s’engager conformément aux exigences exprimées ci-dessus.





