Les plantations horticoles, qui occupent un personnel très nombreux, doivent satisfaire aux critères Fairtrade internationaux établis pour les fleurs coupées, et ce du point de vue social et environnemental. Il existe une distinction à cet égard entre les critères minimaux et les critères de progrès.
Sur le plan social, les critères minimaux en vigueur sont basés sur les conventions de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) mais vont encore plus loin à certains égards :
- Non discrimination (entre autres, pas de licenciement pour cause de grossesse)
- Liberté syndicale et liberté d’association
- Droit de conclure des conventions collectives
- Salaire minimal conforme aux prescriptions légales nationales
- Conditions de travail secondaires, telles que pension, vacances, heures de travail et heures supplémentaires
- Protection de la santé assurée par des visites médicales, des vêtements de protection, des réglementations concernant l’accès aux plantations en cas de traitements chimiques
- Contrats de travail écrits
- Système de sécurité sociale
Les critères de progrès sur le plan social sont les suivants :
- Droit au logement ou à une contribution financière lorsqu’il n’est pas possible d’assurer le logement
- Visite médicale annuelle d’un échantillon de travailleurs de tous les niveaux
- Accès à une alimentation saine
Au niveau environnemental, il existe une liste détaillée de produits interdits en raison de leur nocivité pour l’homme et l’environnement (liste de l’OMS, de la FAO/PNUE et du PAN ('Pesticide Action Network'). Parallèlement, les critères de progrès incitent les grandes exploitations horticoles à investir dans des méthodes de production d’“Integrated Crop Management” (culture intégrée de plantes) et dans un mode de consommation propre de l’eau et de l’énergie. Le commerce équitable encourage également la réduction systématique du volume de produits chimiques et l’usage d’alternatives naturelles telles que les insectes.
En matière économique, le commerce équitable n’a pas fixé de prix minimum pour les fleurs. Les plantations du secteur horticole sont en effet gérées par des propriétaires suffisamment forts en négociations commerciales (parfois de grandes multinationales) et donc aptes à négocier de bons prix. Notre objectif n’est d’ailleurs pas de contribuer à l’enrichissement des propriétaires d’exploitations horticoles mais bien de leur faciliter l’accès au marché et de leur donner ainsi l’opportunité d’améliorer les conditions de travail et de vie de leurs ouvriers.
Les critères économiques précisent toutefois bien qu’une prime doit être versée au ‘comité paritaire’. Ce comité (constitué de représentants du management et des travailleurs) est un organe élu qui détermine en concertation les besoins les plus urgents et décide de l’imputation de la prime. En 2010, 4,5 millions de dollars versés sous forme de primes ont ainsi bénéficié aux ouvriers des plantations horticoles. La prime s’élève à 10% de plus que le prix FOB.
FLO-Cert effectue un contrôle annuel des plantations en fonction des critères mentionnés ci-dessus. FLO-Cert et Max Havelaar Belgique surveillent, par ailleurs, chez tous les partenaires commerciaux, les flux de marchandises et de paiements relatifs au commerce équitable des fleurs. Ces contrôles garantissent aux consommateurs et aux partenaires commerciaux la conformité des fleurs labellisées Max Havelaar aux critères du commerce équitable.
Le commerce équitable évolue en permanence. Les standards sont adaptés tous les deux ou trois ans, selon les évolutions du marché et des plantations. C’est ainsi que la politique relative aux ouvriers des plantations fait actuellement l’objet d’une étude approfondie. Outre l’obligation d’un comité de travailleurs, le commerce équitable veut encourager davantage la formation de syndicats et examiner les possibilités de déterminer un salaire minimum. Ces discussions auront très prochainement un impact sur les critères minimaux et de progrès des standards.