Question et response
- Max Havelaar, c'est quoi?
- Max Havelaar, pourquoi?
- Que fait exactement Max Havelaar avec les subsides ?
- Comment détermine-t-on un prix équitable?
- Comment tout cela a-t-il commencé?
- Est-ce que les supermarchés deviennent plus riches grâce à l'augmentation des ventes du Fairtrade?
- Pourquoi les producteurs du Sud choisissent-ils le commerce équitable et le label Max Havelaar ?
- Pourquoi les producteurs du Sud sont-ils satisfaits de voir leurs produits dans nos supermarchés ?
- Pourquoi Max Havelaar accorde-t-il une telle importance aux contrôles?
- Pourquoi travailler également avec des multinationales?
- Qu'en est-il des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) ?
Max Havelaar, c'est quoi?
Max Havelaar est un organisme de certification du commerce équitable. En tant que tel, Max Havelaar ne vend rien et n'achète rien. Il appose le label sur des produits qui répondent aux critères du commerce équitable. 1,5 millions de familles en bénéficient dans plus de 59 pays en développement. Le paiement d'un prix équitable, l'interdiction du travail des enfants, la liberté syndicale et le respect de l'environnement font partie des critères du label Max Havelaar.
Le label se trouve sur une gamme qui ne cesse de s'élargir : café, fruits frais, jus de fruits, chocolat, thé, sucre de canne, riz, vin, coton (vêtements, linge de maison), cosmétiques, roses, etc.
Max Havelaar, pourquoi?
L'objectif de Max Havelaar est de contribuer au développement durable des producteurs du Sud par une dynamique de développement économique, social et environnemental. Les producteurs défavorisés deviennent autonomes et combattent la pauvreté par eux-mêmes, ils prennent en main leur futur.
Que fait exactement Max Havelaar avec les subsides ?
L'Etat belge et l'UE reconnaissent le commerce équitable comme un outil efficace de lutte contre la pauvreté. Max Havelaar est reconnue comme ONG et subsidiée par l'Etat belge et l'UE pour sensibiliser le grand public aux problèmes des producteurs de café, de bananes ou de coton et d'expliquer les solutions que propose le commerce équitable. Les subsides servent également à aider les producteurs à trouver des débouchés pour leur production. Nous organisons pour exemple des rencontres entre des producteurs et des fabricants ou distributeurs belges.
Comment détermine-t-on un prix équitable?
Le prix équitable d'un produit est un prix qui couvre les frais du producteur dans le cadre d'une production durable de ce produit. A ce coût de production, FLO ajoute une prime du Fair Trade qui est investie dans des projets d'améliorations sur le plan social, économique ou écologique. Les décisions relatives à ces projets sont prises démocratiquement par les producteurs de l'organisation ou les salariés de la plantation.
Les prix minimums du commerce équitable ne sont donc déterminés ni lors de négociations, en mettant la pression sur les producteurs, ni par des grossistes qui les fixent sur les marchés de matières premières, quelque part à l'autre bout de la planète. Ils sont établis de façon juste et systématique et font l'objet de révisions régulières visant à ce que les coûts de production soient toujours bien couverts.
Comment tout cela a-t-il commencé?
Le Fair Trade existe en réalité depuis les années 50. Tout a commencé par une collaboration entre des importateurs sans but lucratif, des magasins du Nord et de petits producteurs de pays en voie de développement. Les temps étaient alors très durs pour bon nombre de ces producteurs, confrontés aux prix plancher du marché et extrêmement dépendants des intermédiaires commerciaux. Pour eux, le commerce équitable représentait une façon de pouvoir assurer leurs moyens d'existence avec davantage de sécurité, de contourner les intermédiaires et d'accéder directement aux marchés du Nord. Au fil des ans, les organisations commerciales alternatives (AlternativeTrade Organisations - ATO) se multiplièrent dans différents pays, souvent en relation étroite avec des groupes de bénévoles et des magasins du monde. Ces réseaux d'ATO et ces magasins du monde jouèrent un rôle essentiel dans le développement du Fair Trade tel que nous le connaissons aujourd'hui.
Animée de la volonté d'élargir au commerce de détail conventionnel la diffusion des produits équitables, alors limitée aux magasins du monde, l'ONG hollandaise Solidaridad trouva, en 1988, un moyen innovant pour augmenter les ventes des produits équitables sans altérer la confiance des consommateurs à l'égard de ces produits et de leur origine. Cette ONG créa un label, baptisé Max Havelaar, garantissant que les marchandises concernées satisfaisaient à une série de critères économiques, sociaux et environnementaux. Au départ, ce label était uniquement apposé sur du café et c'est de là que vient son nom : Max Havelaar était le personnage principal d'un livre qui eut beaucoup de succès au 19ème siècle et traitait de l'exploitation des ouvriers sur les plantations de café par les commerçants colons hollandais à Java. Le concept fit mouche : en quelques années, il se répandit partout en Europe (et d'abord en Belgique, dès 1991) et en Amérique du Nord, sous forme d'initiatives similaires, telles que les Fairtrade Foundation, TransFair et Rättvisemärkt. Nées sur les traces de Max Havelaar, ces organisations avaient toutes pour objectif d'augmenter les ventes de produits équitables. Elles lancèrent leurs propres campagnes et labels et établirent des accords relatifs aux critères et contrôles.
En 1997, elles se réunirent pour créer la Fairtrade Labelling Organizations International (FLO), une organisation coupole ayant pour mission de déterminer les critères du commerce équitable et de soutenir, contrôler et certifier les producteurs défavorisés.
In 2002, FLO International créa un label Fair Trade international destiné à remplacer les différents labels existants. Il existe, en effet, actuellement plus de 20 organismes décernant un label, dont Max Havelaar Belgique, membre de FLO International. Aujourd'hui, des dizaines de produits affichent le label du commerce équitable, sur base des certifications établies par FLO : café, thé, riz, bananes, mangues, cacao, coton, sucre, miel, jus de fruit, noix, fruits frais, quinoa, herbes aromatiques et épices, vin, ballons de foot, etc. Le contrôle et la certification sont,
Est-ce que les supermarchés deviennent plus riches grâce à l'augmentation des ventes du Fairtrade?
Les consommateurs ont toujours la garantie que, pour les produits équitables qu'ils ont achetés, les producteurs reçoivent un prix correct et stable. Plus ces producteurs vendent, plus leurs revenus augmentent en conséquence. Max Havelaar n'intervient par contre ni sur les marges ni sur les prix au consommateur, qui sont définis par les distributeurs eux-mêmes.
Les consommateurs savent que les supermarchés ont des politiques de prix et des philosophies qui diffèrent. Ils peuvent dès lors choisir librement où ils vont acheter leurs bananes équitables par exemple, puisqu'elles sont présentes dans une large variété de magasins (supermarchés, magasins du monde, marchés bio, etc.).
Pourquoi les producteurs du Sud choisissent-ils le commerce équitable et le label Max Havelaar ?
La collaboration avec Max Havelaar leur apporte beaucoup et ce, principalement sur le plan financier. En 2005, les revenus financiers supplémentaires engendrés par la vente de produits portant le label du commerce équitable leur ont rapporté environ 88 millions d'euros. ‘Supplémentaires' signifiant au-delà du prix du marché conventionnel. Cette somme a été répartie entre l'ensemble des 500 organisations de producteurs qui collaborent avec Max Havelaar, soit une moyenne de 170.000 euros par organisation.
En choisissant le commerce équitable, les producteurs obtiennent également des avantages sociaux et écologiques: le travail des enfants et l'exploitation disparaissent ; les enfants peuvent aller à l'école ; il est possible d'investir dans du matériel agricole, dans des méthodes de production écologiques et dans de nouvelles cultures ; les organisations de producteurs ont plus de poids dans leurs négociations avec les autorités et les entreprises ; les connaissances en matière de gestion s'étoffent ; ...
En d'autres termes, les producteurs qui rejoignent le système du commerce équitable maîtrisent désormais leur avenir.
Pourquoi les producteurs du Sud sont-ils satisfaits de voir leurs produits dans nos supermarchés ?
Les producteurs du Sud ne demandent qu'à vendre le plus possible leurs produits. Ils savent aussi que les ventes se réalisent principalement dans les supermarchés. Par ailleurs, les consommateurs s'attendent à trouver les produits issus du commerce équitable là où ils font leurs courses. C'est la raison pour laquelle Max Havelaar dialogue de manière constructive, mais critique, avec les marques et les distributeurs.
Pourquoi Max Havelaar accorde-t-il une telle importance aux contrôles?
La crédibilité du commerce équitable est étroitement liée à l'élaboration de critères stricts et au contrôle sérieux du respect de ces critères. Max Havelaar et sa coupole internationale FLO font contrôler ces critères sur le plan international par FLO-Cert, un organisme de contrôle autonome et indépendant. Les inspecteurs du FLO-Cert sont responsable du contrôle des quelque 700 organisations de producteurs et plantations dans le Sud et de près de 750 opérateurs commerciaux (exportateurs, importateurs, transformateurs de produits semis-finis, etc.). Sur le plan national, les dernières étapes de la chaîne de production dans notre pays, sont quant à elles contrôlées par Max Havelaar Belgique.
L'organisation ou l'entreprise qui ne satisfait pas à ces contrôles, soit ne reçoit pas de certification, soit la perd.
Pourquoi travailler également avec des multinationales?
L'objectif de Max Havelaar est de permettre à un plus grand nombre possible de producteurs du Sud de se développer durablement grâce au commerce équitable. Nous travaillons avec de nombreuses entreprises, petites ou très grandes, afin de développer le commerce équitable et d'avoir le plus d'impact positifs pour les producteurs du Sud.
Ce sont les produits qui sont labélisés équitables, en aucun cas les entreprises. Les entreprises (importateurs, transformateurs...) sont agréés pour faire transiter et transformer les produits équitables.
Qu'en est-il des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) ?
Depuis quelque temps, les consommateurs se préoccupent beaucoup des cultures génétiquement modifiées. Beaucoup d'entre eux s'inquiètent du risque de contamination écologique et craignent que les avantages présentés par ce type de cultures ne puissent contrebalancer la dépendance des producteurs à l'égard des semences OGM. Pour FLO, les OGM n'ont pas leur place dans le commerce équitable. C'est pourquoi FLO édicte des normes et directives environnementales très fermes qui interdisent expressément l'utilisation d'OGM et prévoient un contrôle très strict de ces OGM dans les champs voisins afin d'éviter toute éventuelle contamination.




